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Poèmes

Charlie, ce n’est pas fini


Charlie, ce n’est pas fini

La musique n’a pas de frontière.

L’art non plus. Mais la religion, si. Une sacrée barrière !

Ou plutôt un mur, comme le mur de Berlin naguère.

On dirait que les gens ont aussi des œillères.

On se croirait revenir en arrière,

Quand on voit cette barbarie,

Toute cette tuerie.

En Iraq, Syrie. Des réfugiés Yazidis…

Et maintenant Charlie…

Oui, ça peut vous coûter la vie

Juste quelques dessins, un peu d’ironie.

Il y a des jeunes qui n’ont rien compris.

Au professeur, voilà ce qu’ils ont dit

"Chez nous, on ne plaisante pas, Mme". Voilà, on est cuit.

"Egalité, Fraternité et Liberté", on leur a pourtant appris.

La France, dans la douleur, réunie.

Mais, il y a des gens qui n’ont pas encore compris.

Charlie, ce n’est pas fini.

Le pire est à venir… A craindre pour nos petits.

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Minh Châu
College Francais de Nha Trang

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Liberté chérie *
* Marche républicaine du 11-1-2015

Aux pays qui n’ont pas de liberté
Je dis : Pourquoi y participer ?
« Je suis Charlie », comme une marche forcée.
Faire bonne figure, mascarade…Récupération médiatisée.
Politiquement correct et conscience déculpabilisée.
Ceux qui sont morts, seront-ils honorés ou fâchés ?
Enfin, quand même une sacrée journée !

La France, quelque peu divisée.
« Je suis Charlie » « Je ne suis pas Charlie »… A quoi bon polémiquer ?
Vous avez pu vous exprimer.
L’essentiel. Et vive la liberté !

Dans la foule des participants, en cette journée,
Beaucoup d’enfants ont défilé.
Certains se sont demandés :
« C’est qui ce Charlie, papa, maman ? », assez étonnés.
« Quelqu’un de courageux, à cause de ses dessins tué ».
« Moi aussi, j’aime bien dessiner.
Est-ce qu’on va me tuer ? ».
Bonne question, mon petit. A nous la Vérité.
Jusqu’où va la Liberté ?
Le droit à l’expression. Pas le droit de tuer !
« A vous les crayons, oui, dessinez ».
Pour qu’un peu de rêve, de fantaisie, d’humour soit distribué.
Pour que ce monde soit égayé.
On en a besoin. A cause du lendemain, trop stressé.

Il y a un demi-siècle, un peuple a perdu sa liberté.
Et son pays - le pays des ancêtres de dragons et de fées nés.
C’était le mien, le tien, le sien... Liberté chérie, ô liberté.
Quant à ceux qui sont restés
Vérité bâillonnée,
Pays d’invasion menacé,
Jeunes patriotes condamnés.

On n’est plus tout jeune, en somme.
Les soixante-huitards que nous sommes.
Le passé, des regrets.
Le présent, des retraités.
Le futur, des inquiets.
Cet héritage qu’on vous a laissé
Chers enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants… Sincèrement, désolé.

Minh Châu
12-1-2015

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C’est ça, notre monde, dis, Papi ?

Alors, c’est ça notre monde, dis, Papi ?
Notre héritage, un futur déjà pourri.
Autour de nous, que des tueries.

Et dire qu’à ton époque, John Lennon chantait
« Imagine » pour un monde en paix.
Et dire qu’en mon temps, on ne pense qu’à tuer.
Des têtes d’otages coupées.
Des innocents massacrés.
Un peuple exterminé.
Et partout, on voit des réfugiés.

Au nom de quoi, cette gratuite tuerie ?
Le monde plié, sous des menaces, converti ?
Alors, moi, au nom de la Liberté, je prie.
A nous, les générations futures, tous les droits
Le droit de choisir, croire, penser, s’exprimer…TOUT quoi !

J’ai un message pour tes contemporains, Papi :
« Certains d’entre vous, en martyrs, n’ont pas peur de mourir
On vous a promis le paradis. Non-sens, à vrai dire.
Alors, tuez, pour aller en enfer,
Et les âmes innocentes, au paradis à votre place, pépères.
A cause de vous, nous, les petits, on doit vite grandir.
En adultes, réfléchir déjà et mûrir.
A cause de vous, des familles orphelines, des enfants à la rue,
Vivant sans lendemain, tout espoir perdu ».

Moi, ce n’est pas le monde que j’ai imaginé.
« Imagine », voilà la chanson que j’aime chanter.
Vivre en paix. Pour aimer, partager et encore rêver.

Car un monde sans rêves est un monde fini.
Un monde sans amour, c’est la guerre garantie.
Un monde sans libertés,
Non, s’il vous plaît, de grâce, pitié !

Minh Chau

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