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A Monsieur Jean Descroix

Texte pour la cérémonie religieuse du 16 Septembre 2006


MESSE pour M. Jean DESCROIX
Samedi 16 Septembre 2006
10h30 en l’église de Gigors et Luzeron, Drôme

Texte pour la cérémonie religieuse par Dang Tien (BP60)

Monsieur Jean Descroix nous a brutalement quittés le 23 Juillet 2006.

Professeur de Français, il débarqua au Vietnam en 1957 et dispensait au Collège Français de Tourane (Da Nang) un enseignement lumineux, avec érudition, rigueur, enthousiasme et générosité ; il prit la direction de ce collège devenu par la suite Lycée Blaise Pascal.

Nommé Proviseur du Lycée Yersin à Dalat, il se montra administrateur hors pair, assainit cette institution de ses vestiges post-coloniaux, faisant d’elle un établissement scolaire moderne et ouvert.

Il dirigea la Mission Culturelle française à Vientiane (Laos) avec courage et virtuosité, à une époque de guerre trouble. Après plusieurs provisorats à Meknes (Maroc), Vienne (Autriche), La Mûre (Isère, France), il se retira dans sa propriété dans la Drôme.
Durant cette fulgurante carrière, itinérant dans un monde en mutation, instable et tourmenté, entre des cultures et civilisations qui se cherchent, il devait avoir des moments difficiles. Seulement il disposait toujours du soutien infaillible de sa compagne Suzanne, à qui nous exprimons nos condoléances meurtries.

Artiste, musicien, historien de la musique, Jean Descroix était l’humaniste de la Renaissance, l’honnête homme du 17ème siècle, le philosophe des Lumières, le missionnaire de la laïcité du 19ème siècle, le promoteur de la pensée moderne, contribuant de sa forte personnalité au rayonnement français dans le monde. Homme d’autorité, il était pourtant d’une extrême sensibilité, assumant ainsi « la forme entière de l’humaine condition » selon le mot de Montaigne qu’il aimait citer.

Par son engagement et son dévouement sans faille à la cause publique, et aussi à l’amitié personnelle, Jean Descroix fut l’exemple éminent de cette « race intellectuelle » universelle dont parlait Malraux.

L’homme, semble-t-il, est mortel. Mais quelque part, il était injuste que Socrate le fût.

Dang Tien
Ancien élève
Pour la cérémonie religieuse du 16-9-2006,
à l’église de Gigors et Luzeron, Drôme

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